dimanche 17 novembre 2019

La Conjuration de Madame Royale : chapitre 4 4e partie.


Les derniers événements nous ont fait omettre un personnage important de notre récit. Qu’advenait-il d’Aude Angélus ?

Elle se trouvait présentement à Bicêtre.
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 Le gouvernement l’avait confiée aux bons soins du docteur Philippe Pinel,
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aliéniste, entouré d’une équipe d’experts. Ils avaient pour mission d’étudier le cas Aude, c’était-à-dire de l’utiliser comme cobaye, comme sujet d’expériences toutes neuves. Pinel était secondé par tout un gratin : Corvisart, Bichat, Cuvier, Fourcroy,
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 Larrey, le mathématicien et physicien Joseph Fourier
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 et Dupuytren, un tout jeune homme de vingt-trois ans. Aude Angélus séjournait chez les fous, mais il était exclu qu’elle les côtoyât et arborât la sinistre camisole de force, inventée en ce même établissement pionnier en 1770. L’existence et la présence de la jeune aveugle à Bicêtre constituaient un secret d’Etat. Elle se trouvait conséquemment prisonnière d’un lieu sinistre, assignée à résidence pour un temps indéterminé ; nul ne la connaissait plus hors les murs de Bicêtre car le ministère de l’Intérieur s’était arrangé avec l’état civil afin de faire accroire que notre mendiante figurait parmi les victimes de l’attentat de la rue Saint-Nicaise. Des restes « fictifs » anonymes d’une prétendue demoiselle Angélus « pourrissaient » en quelque fosse commune. Il demeurait si peu de choses des corps déchiquetés par la bombe au fulmicoton !

Des semaines durant, Aude fut examinée, étudiée sous toutes les coutures, telle une de ces dépouilles empaillées d’animal exotique, kangourou ou ornithorynque, espèces récemment découvertes en Australie. Il fallut qu’elle se pliât aux manipulations corporelles les plus infâmes et aux expérimentations les plus douloureuses. On analysa toutes ses fonctions physiologiques, des plus nobles aux plus viles. Une abondance de rapports fumeux et hermétiques fut rédigée à cette occasion. Encore fallait-il espérer que ces paperasses savantes ne fussent pas classées dans quelque recoin d’archives occultes sans qu’aucun officiel n’en tînt compte !

On la mesura, appliqua sur elle, sur ses jambes, ses bras, ses mains, son torse, son nez, sur sa circonférence crânienne, maints appareils métalliques barbares destinés à prendre son angle facial,
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 à déterminer la taille du moindre de ses os, de ses viscères, à connaître le volume de son encéphale afin d’assigner sa place dans l’échelle du vivant entre le singe et l’Apollon du Belvédère.
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 Aude Angélus devenait malgré elle un spécimen emblématique des balbutiements d’une science nouvelle, raciste et misogyne : l’anthropologie physique.

Quand les doctes messieurs l’examinaient, la mesuraient, elle devait demeurer nue, offerte à la tentation, quitte à ce qu’elle attrapât une fluxion de poitrine…
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Lorsqu’ils en eurent terminé avec l’apparence extérieure et la structure de son squelette, nos scientifiques passèrent aux expériences physiologiques, reproduisant notamment celle de Lavoisier sur la respiration. On appliqua sur son doux et hâve visage un affreux masque de métal qu’on relia à un tuyau dans lequel elle expira les exsufflations de sa cage thoracique étroite, le gaz carbonique de ses alvéoles gâtées. L’étude de ses yeux, des causes premières de sa cécité, fut des plus douloureuses et pénibles, surtout quand on injecta en sa cornée des produits liquides brûlants. Ces tortures lui arrachèrent des cris, des glapissements de renardeau blessé. Les assistants de Fourcroy procédèrent de même à l’analyse odieuse des matières et liquides vils excrétés par son frêle organisme. Elle connut les laxatifs et purgatifs qui l’affaiblirent. Sa complexion s’en ressentait.

Apprenant l’existence d’un puits, d’un abîme en cet hôpital, une pensée suicidaire la hanta : ne pourrait-elle pas s’y précipiter, afin que ce calvaire absurde prît fin ?

Elle dormait mal : la nuit, elle percevait les grommellements, les hurlements, les plaintes et gémissements des fous ; la journée, il lui arrivait d’entendre des convois de forçats enchaînés en transit, car Bicêtre constituait une étape vers Brest.
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 D’autres fois, des bêlements et meuglements la faisaient sursauter : c’était l’arrivée des moutons, du bétail voué à l’abattage en l’enceinte même de l’hôpital, et cet abattage s’effectuait avec un étrange appareillage mécanique à la lame biseautée, triangulaire, imparable et prompte permettant de décapiter en une seconde les ovins et autres bestiaux. De fait, il existait divers formats de guillotine, adaptés aux calibres des têtes de chaque espèce : chevaux, porcs, bœufs, moutons… Cela garantissait aux hôtes forcés de ces lieux, femmes et hommes, une viande fraîche et saine.

Après deux mois de ce manège préliminaire, il fallut bien en venir à l’examen des facultés étonnantes de la juvénile patiente, facultés qu’elle avait exprimées tantôt au Châtelet. Ces nouvelles expériences furent supervisées par un agent du gouvernement, incognito, puisque l’homme demeura sans cesse masqué et muet. S’agissait-il d’un ministre ? D’un conseiller de Napoléon ? Du roi lui-même ? Parfois, une femme l’accompagnait, aux traits tout autant dissimulés. Nous devinons qu’il s’agissait de Maria-Elisa en personne. L’autre ne pouvait être le comte di Fabbrini qui se refusait à rencontrer sa propre mère afin de préserver le continuum dévié du temps. Puisque cette mascarade ne pouvait s’adresser à une aveugle, c’étaient les docteurs, chimistes, naturalistes et physiologistes qui se trouvaient interdits de percer les identités de ces spectateurs gouvernementaux. Cuvier s’était juré, si jamais cette enfant ne survivait pas aux expériences, d’en disséquer le cadavre afin d’en percer tous les secrets. Missionné en urgence par Napoléon, il dut prendre congé de Bicêtre et se rendre aux Tuileries où il était appelé pour une entreprise que nous aurons l’occasion de détailler. Il exigea que l’ensemble des rapports d’études lui fussent communiqués, quel que fût le lieu où il se trouverait. Il en allait de la sûreté de l’Etat.

Après neuf journées éprouvantes, les facultés inconnues d’Aude se manifestèrent sans qu’elle y prît garde. Cela débuta par des mouvements spasmodiques involontaires comme si elle eût souffert de l’ergot du seigle ou de l’épilepsie. Couchée sur une table digne des dissections publiques, attachées aux bras et aux pieds par des sangles qui lui blessaient la chair, Aude se contorsionnait tandis qu’autour d’elle, les meubles commençaient à trembler et les vitres des fenêtres à tinter jusqu’à ce que le verre se fendît. Elles éclatèrent, les éclats fusant et blessant les assistants, sans cependant atteindre Aude. A la suite de cet incident qui confirmait sa dangerosité potentielle, si ce n’étaient ses facultés, Pinel décida de la faire cloîtrer en une cellule d’isolement pour fou dangereux, en attendant les nouvelles directives royales.



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C’était à croire que notre misérable enfant avait appelé cette nouvelle situation de ses vœux. Elle se réjouissait en son for intérieur de cette claustration, de cet isolement, revêtue de la sinistre camisole de force qu’elle étrennait ainsi. Aude Angélus, à défaut de représenter un péril pour elle-même, l’était devenue pour les autres. Il fallait donc domestiquer la sauvageonne : un seul recours possible consistait en l’utilisation de l’hypnose, prônée par le marquis de Puységur,
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 que l’on manda à Bicêtre. Le mesmérisme, le magnétisme animal puis le recours au galvanisme nouvellement inventé, constituaient autant de voies nouvelles qui permettraient de canaliser les facultés supposées de la jeune aveugle, quitte à la maintenir dans un état permanent de somnambulisme ou de l’assommer à l’électricité.

La nuit était venue. Aude méditait en sa nouvelle prison, soigneusement entravée, dans un état intermédiaire entre l’hébétude et la veille consciente. Elle semblait comateuse, cataleptique, sans que ses yeux morts fussent fermés. L’isolement était total, la réclusion telle en ce capitonnage cellulaire que ses sens actifs ne captaient plus rien. Sans qu’aucun bruit, qu’aucune vibration ne parvinssent à la jeune fille, celle-ci percevait pourtant des signes, des sensations autres, oniriques peut-être. Assise, elle balançait son buste d’avant en arrière, tout en chantonnant une comptine étrange, aux mots indéfinissables et intraduisibles, en une langue secrète pratiquée par tous ceux que le handicap isole de l’univers des autres êtres humains. Elle humait aussi les senteurs rances de l’étoffe écrue de la camisole, qui, avant elle, avait enserré bien des aliénés des deux sexes. Elle s’en délectait presque.

Des vapeurs éthérées prenaient corps autour d’elle dans la brume de nuit ; des matières ectoplasmiques,
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 de même consistance que le plasma astral, flottaient dans la cellule de contention. Aude voyait de fait, comme lorsqu’elle rêvait car son cerveau ne pouvait produire des images virtuelles obscures, brumeuses, de jais et d’encre. Son infirmité cessait et elle observait, en couleurs, ce qui prenait vie auprès d’elle. Elle semblait habitée par ses nouvelles perceptions.

Tout d’abord, elle crut marcher tout le long de la circonférence du fameux puits-gouffre de Bicêtre de laquelle s’échappaient des miasmes méphitiques provenant de quelques charognes tombées tout au fond. Elle ne s’y abîmait point, car l’Aude qui se mouvait-là était son double immatériel, son image résultant d’une bilocation bidimensionnelle de l’être, projection virtuelle d’une autre Aude Angélus. Cette Aude fantôme parcourut l’ombilic, l’omphalos de l’abîme circulaire vertigineux sans qu’elle y chutât jamais. Ses pieds nus étaient sûrs, et son corps avait perdu l’entrave de la camisole. Toute idée de suicide l’avait abandonnée. Ledit gouffre débouchait peut-être au centre de la Terre, fosse sans fond jusqu’aux antipodes, terrier du lapin d’Alice,
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 trou noir débouchant sur le trou blanc. L’effondrement gravitationnel aspirait tout, absorbait tout sauf, curieusement, Aude elle-même qui désormais, sautait à cloche pied en ses entours qui se brouillaient.

L’autre Aude, demeurée en sa cellule, poursuivait son incantation enfantine, tandis que les ectoplasmes se métamorphosaient en losanges multicolores pleuvant tout autour d’elle, fragments découpés de justaucorps d’Arlequin s’appariant, s’associant, se regroupant, se soudant en d’improbables ensembles pailletés scintillants, chatoyant comme des étoiles au firmament.

Une autre vapeur se constitua en pâte, non point en une matière inerte mais organique. Le chantonnement d’Aude augmentait en intensité au fur et à mesure que l’entité s’organisait :

« Le roi Renaud de guerre revint… » telle était maintenant l’archaïque chanson que notre aveugle fredonnait en ancien français.

La créature, acquérant forme humaine, arborait une longue robe grisâtre et se silhouettait d’incertitude. Amorphe, elle semblait planer en sommeillant tout en effectuant un imperceptible mouvement oscillatoire, comme si elle eût accompagné la scansion des couplets et du refrain murmurés par Aude. Ce rythme métronomique de balancier ne tarda pas à s’enrichir lorsque des bras, d’abord embryonnaires, sortirent de la robe vague de l’être, bras qui s’achevèrent par des mains pareilles à des agrégats infinis de grains de poussière. C’est ainsi que l’on voit dans le clair-obscur de l’aube, avant que l’on éclaire la chambre. Et les mains se mirent en mouvement, jonglant avec de mystérieux objets sphériques eux-mêmes incertains et impalpables. Chacune de ces sept sphères se teintait d’une couleur différente, verte, bleue, noire, grise, orange, rouge et jaune, et il était incontestable qu’il s’agissait là de reproductions imaginaires du globe terrestre, de l’orbe de Gaïa telles que des astronomes fous les avaient historiquement conçues. 

L’être se féminisait, présentant une longue chevelure fuligineuse,
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 émettant des fumeroles alors que la cellule s’emplissait de fragrances mêlant la poussière et le caveau. Ce fantôme, échappé de quelque sépulcre, présentait un visage sans trait, une esquisse blême, modelée dans l’albâtre et la craie. Les différentes terres répliquées avec lesquelles le spectre indubitable de jeune fille jonglait phosphorèrent tout en émettant des fulgurances électriques et, le mouvement de rotation de chacune s’accélérant, acquirent une cinétique de kaléidoscope et de prisme. La dynamique modifiait et déformait les globes, les difractait, certains présentant des mouvements miniatures de marée ; d’autres, ignés, brûlaient d’un feu tectonique, d’autres encore se végétalisaient ou se glaçaient en un embâcle général.

L’enfant fantomatique se recomposa et Aude poussa un cri, la reconnaissant :

« Marianne ! Que me veux-tu ? Es-tu venue me chercher ? Si tes intentions sont mauvaises, va-t’en ! »

La face du spectre était devenue hideuse et sanglante ; une Marianne à la peau arrachée telle un masque fixait Aude de son regard défiguré d’écorchée d’où gouttait un flegme et une hémoglobine infects et corrompus. Avant de se désagréger, elle délivra un ultime message à la captive du gouvernement napoléonide :

« Cherche, mon Aude, cherche en direction des montagnes sacrées du toit de la Terre. Cherche Langdarma et de Firmont »

A sa place, il n’y avait plus que la Mort, la décomposition, la corruption, la liquéfaction.

Aude s’éveilla après un dernier hurlement. De longues minutes, elle demeura prostrée, corsetée en sa camisole rêche, marmottant sans trêve : « De Firmont, Langdarma… »



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L’homme reprenait conscience par étape, en une aurore nouvelle dont seul un rayon chiche perçait la meurtrière de son cachot. Ses narines captaient des remugles immondes, de fauve et de putréfaction.

Il respirait avec difficulté, avec des exsufflations d’orgue hydraulique comme s’il eût été rongé par un emphysème pulmonaire. Son obésité morbide gênait ses déplacements. Il eut de la peine à visualiser l’indicible dépouille qu’il côtoyait. Il s’agissait d’un singe au poil fauve, cadavre charognard d’orang-outan, tumescent de gaz, frémissant d’animalcules annelés qui se gobergeaient de sa chair pourrissante. Le simien répandait ses effluves et ses sucs organiques.

Dissipant avec peine le brouillard de ses méninges tourmentés, l’homme se rappela qui il était, et les raisons qui expliquaient la présence inopportune du pongidé mort.

« Mon nom est Donatien marquis de Sade. »
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En d’autres temps et lieux, qu’il fût hectique ou obèse, il aurait pu décliner des identités plurielles : Sydney Greenstreet,
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 Humphrey Grover,
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 Quintus Severus Caero,
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 le père Joseph
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et même Tsampang Randong, un Tsampang Randong qui s’était partagé entre le IXe et le XVe siècle, se réincarnant à satiété en défiant et vainquant les démons du Bardo. Car il était plus maléfique qu’eux !

Les aîtres suintaient d’humidité et de salpêtre. A quelques distances de ce cachot, Marat se mourait, enfermé en compagnie de la Camarde et d’un muscadin ne sachant plus le sort qui l’attendait.  Notre poussah, à défaut d’éviter les horribles captations odorantes, détourna le regard du pestilent primate à la flavescence surie.
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 Il était lors impossible qu’il s’avilît à dévorer ces viandes en voie de liquéfaction, objectif recherché par Napoléon afin qu’il justifiât un internement programmé de l’aristo boursouflé à Charenton.

Que savait-il de ses voisins de cachot ? Point grand-chose. Quels échos informels lui parvenaient-ils de l’extérieur, de ce monde en marche – une marche toujours plus déviée de la voie première en laquelle il s’était sustenté de priapées ? Il brûlait en sa graisse de rejoindre le roi légitime outre-Manche, de rallier la cause loyaliste et que les Bourbons lui pardonnassent son inconduite passée. Il fomentait une évasion, à la manière de Latude.
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 L’inspiration comploteuse s’était substituée en lui à l’inspiration littéraire. Sade avait dégobillé depuis longtemps, par sa plume, toutes les turpitudes et les péchés du siècle s’achevant.

Rompu par cette méditation, épuisé par l’effort thoracique et pulmonaire, notre homme-lard égaré s’assoupit. 

A suivre...



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