Café
littéraire du 29 janvier 2026
« Paradis » d’Abdulrazak Gurnah, présenté par Odile Moros
Abdulrazak Gurnah est un écrivain tanzanien
et un universitaire spécialisé dans les études
postcoloniales.
En 2021, l’académie Nobel a officiellement indiqué le récompenser pour son
analyse sans compromis des effets du colonialisme et du destin des réfugiés
écartelés entre cultures et continents.
D’ailleurs ses dix romans - dont quatre
traduits en français : Paradis (1994), Près de la mer (2001) Adieu
Zanzibar (2005) et Les vies d’après
(2023) - sont tous porteurs d’un récit
sur l’immigration et la colonisation.
Né le 20 décembre 1948 à Zanzibar, ce romancier écrit en anglais. « Écrire en anglais je ne l’ai pas choisi c’est elle qui m’a choisi. J’ai une aisance avec cette langue de la colonisation que je n’ai pas avec le swahili, même si je le parle couramment. »
Il se définit lui-même à travers plusieurs identités : tanzanière, zanzibarie, africaine, britannique d’adoption et yéménite (par son père). D’ailleurs, suite au Nobel il expliquera :
« Je me réjouis que les africains me considèrent comme étant un des leurs.»
« Je me réjouis que mes lecteurs de Grande-Bretagne me considèrent comme étant un des leurs »
« Je me réjouis que le monde arabe me considère comme étant un des leurs. »
Le roman :
Au tout début du XXème siècle, avant la première guerre mondiale, Yusuf 12 ans vit avec ses parents dans la petite ville de Kawa en Tanzanie. Son père a ouvert un hôtel grâce à un prêt important contracté auprès d’ un marchand arabe Aziz. Ne pouvant rembourser sa dette, l’hôtelier se voit contraint de confier son fils à son créancier. Yusuf suit donc celui qu’il appelle « oncle Aziz » sans se rendre compte qu’il devra travailler comme esclave dans la boutique de ce dernier. Lorsque le riche négociant organise une caravane pour faire des affaires à l’intérieur du pays, Yusuf prend part à l’expédition qui lui fera découvrir la diversité de son pays et de son peuple.
Ce roman est un roman d’apprentissage, un roman de formation : le commerce
avec Khalil, le négoce avec Hamid au poste relais, la grande expédition vers
les grands lacs (sans doute lac Victoria) voyage terriblement hostile par la
nature et les diverses populations.
Je n’ai pas lu un livre sur la colonisation, mais un roman sur une terre
soumise de tous les temps à une succession de domination étrangère.
Un texte passionnant, une écriture magique,
une aventure en suspens permanent entre les odeurs et la poésie du monde
oriental, un témoignage d’une époque.
Une fin inattendue à la dernière phrase …
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